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Conte de la Pomme d'Amour


Dans la bonne ville de Marmande, la fille de Messire Giraudeau occupait la tête et le cœur des hommes. Pour tout vous dire, Ferline, c’était là le prénom de cette merveille, était belle comme il se doit, aimable comme il est nécessaire, compatissante comme il est demandé. Bref, c’était un rêve de demoiselle !

Ferline était la jeune fille la plus charmante de la ville et la grande fortune de son père ne gâchait rien …

Quand Ferline fut en âge de se marier, son père lui présenta les hommes les plus riches de la ville, mais elle ne les compta pas. 

Son père invita dans sa belle demeure les hommes les plus beaux du canton, mais elle ne les regarda pas.

Son père fit venir les hommes les plus savants de la région mais elle ne les écouta même pas…

Et Messire Giraudeau désespérait de trouver un homme capable de plaire à sa fille. Tandis que le père se tourmentait ; Ferline, Belle parmi les Belles rêvait. Elle rêvait en regardant le carré de ciel dessiné par sa fenêtre. Elle espérait un jeune homme qui ne soit point trop riche, point trop beau, point trop savant mais qui saurait l’émouvoir, sans tapage. Et c’est un soir d’été que le jeune Peyrot aperçut la Belle, accoudée, à sa fenêtre.

Jamais la vie ne lui avait semblé si légère, l’air si doux, la nuit si…. Clac ! C’était le timbre mat de la fenêtre brusquement fermée par Ferline. Et Peyrot s’est retrouvé tout benêt par la vision qu’il venait d’avoir !

« Je ne suis qu’un sot, perdre la tête pour la belle Ferline qui a refusé sa main à tous les hommes de la région… »

Et le jeune homme rentra tristement chez lui. Mais le souvenir de la Belle lui ôtait le boire, le manger et son esprit en était tout embarbouillé. Tant et si bien qu’il décida de quitter la ville.

Sitôt arrivé à Bordeaux, il s’embarqua sur un navire. Et de quais en quais, de caps en caps, partout le profil de Ferline le hantait, l'ensorcelait, le tourmentait. Il voyagea longtemps, ne fit peut-être pas le tour du monde mais presque, et lorsque le bateau aborda à Bordeaux, Peyrot était riche de souvenirs, d’un sac de doublons d’Espagne et d’une pochette remplie de petites graines grises.

Rentré à Marmande, il planta les graines en un coin de son jardin, un coin riant, rempli de soleil et de lumière. Au commencement de la chaude saison, apparurent des fruits rouges, lisses et charnus. Et chaque matin, à l’aube, il déposait quelques fruits sur le rebord de la fenêtre de Ferline, celle où il l’avait aperçue la première fois. Un matin, Clac, la fenêtre s’ouvrit brusquement ; c’était la Belle parmi les Belles :


« Est-ce toi qui m’apportes tous les jours ce fruit délicieux que je ne connais pas? »

« Oui ! C’est un fruit qui pousse au-delà de l’horizon et j’ai ramené de mes voyages quelques graines pour te le faire découvrir.

« Et comment s’appelle-t-il? 

« Je l’ignore, je l’ai toujours appelé comme toi ! »

« Puisque ce fruit est un gage d’amour pourquoi ne pas le baptiser Pomme d’Amour. »

Depuis ce lointain matin, on cultive en terre marmandaise de nombreux gages d’amour ; à la mémoire de la belle Ferline et aussi en franc hommage à nos assiettes !  Et voilà comment se termine la véritable légende de la Pomme d’Amour. »

 

 

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